Travail Emploi Numérique - Les nouvelles trajectoires (2)

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Résumé du rapport du Conseil National du Numérique Travail - Emploi - Numérique / Les nouvelles trajectoires

La mise en forme en italique et en couleur n'est pas issue du rapport. Elle vise à répertorier les références aux communs et idées déjà évoquées dans le cadre de la P2P Foundation.

AVANT PROPOS et INTRODUCTION

Voir Travail Emploi Numérique - Les nouvelles trajectoires (1)


CARTOGRAPHIE DES CONTROVERSES

S'agissant de controverses, le rapport n'apporte pas de réponses définitives, mais fait un exposé des questions qui se posent et sont en débat.


QUELLE PLACE ET QUEL STATUT POUR LE TRAVAIL HUMAIN DANS LA SOCIÉTÉ DE DEMAIN ?

Une modification des structures de travail plus rapide et intense depuis les années 1950.


Un débat sur la fin du travail depuis les années 1980 :

  • la forme "travail" telle que nous la connaissons a été mise en place à la fin du 18ème siècle ?
  • le travail n'a pas toujours été à la base du lien social ?
  • le travail n'est plus capable d'être le vecteur de l’organisation économique ?


L’automatisation du secteur tertiaire soulève de nouveaux enjeux :

  • niveau macroéconomique : quantité de travail disponible ?
  • nature des nouveaux métiers (dans quel secteur ?)
  • quelles interactions travailleurs / machines ?


Le numérique interroge les formes traditionnelles de production :
  • les structurations en réseau distribué favorisent la mise en place de projets fondés sur la contribution volontaire d’un ensemble d’individus (logiciel libre, plateformes de travail à la demande)
  • les nouveautés technologiques telles que la Blockchain sont à l’origine de formes nouvelles d’entreprises, fondées sur la multi-appartenance et la contribution sporadique validée par les pairs, et productrices d’externalités.
  • un renouvellement des pratiques est en cours du côté de la production industrielle : augmentation du nombre de tiers-lieux de production collaboratifs et de mouvements visant à développer les pratiques artisanales, tels que le mouvement des makers


Peut-on mesurer le nombre d’emplois détruits par les machines ?

  • étude Carl Frey et Michael Osborne : États-Unis à horizon 20 ans, 47 % des emplois ont une probabilité forte d’être automatisés, 19 % une probabilité moyenne et 33 % une probabilité faible.
  • étude cabinet Roland Berger : France à horizon 10 ans, 20% des tâches seront automatisables donc 42% des métiers hautement susceptibles d’automatisation.

Ces prévisions ont fait l’objet de critiques, des auteurs de l’étude eux-mêmes.


Quelle est la nature des emplois détruits et des emplois créés ?

  • Le numérique va-t-il créer des emplois ?
  • Les métiers peu qualifiés vont-ils disparaître ?


LE NUMÉRIQUE FAVORISE-T-IL UNE AUTONOMISATION ÉMANCIPATRICE DES TRAVAILLEURS ?

D'un côté on assiste à :

  • L’individualisation
  • La reconnaissance de l’autonomie en droit du travail : loi Aubry 2 n° 2000-37 du 19 janvier 2000 sur les forfait-jours
  • Des modes d’organisation plus souples dans l’entreprise : nomades numériques, télétravail, tiers-lieux, espaces de coworking
  • L’augmentation des activités indépendantes : 10,3 % de la population active (activités artisanales traditionnelles grâce à la baisse du coût des moyens de production, plateformes d’emploi pour auto-entrepreneurs, freelance, travailleurs à la demande)


De l’autre on assiste à :

  • L’intensification du travail : augmentation du nombre de tâches à réaliser en 1h et quantité de demandes extérieures à satisfaire en 24h + contrôle ou suivi informatisé
  • Les phénomènes d’usure psychologique : culture de l’urgence et de l’immédiateté, connexion permanente
  • Le renouvellement des outils de contrôle des travailleurs : outils de reporting, notifications immédiates sur boîtes mails, surveillance des comportements par les métadonnées et les "traces numériques"


L’effet du numérique sur l’autonomie des travailleurs est-il différent suivant les catégories socio-professionnelles ?

  • Le numérique peut être facteur à la fois d’autonomie au travail mais également d’un accroissement de la surveillance et du contrôle. Attention aux conditions de travail et d’exécution des tâches.
  • Le travailleur qualifié = celui qui a la capacité à adopter des outils numériques nouveaux ET à s’adapter aux nouvelles formes de travail


L’autonomisation dans le travail est-elle synonyme d’émancipation ?

  • Le numérique permet et promeut une manière de travailler particulière, fondée sur la contribution, le partage d’information et la créativité.
  • Il est nécessaire pour toute entreprise, et notamment française, de faire de sa capacité de créativité et d’innovation son levier majeur de compétitivité
  • La valeur ajoutée du travail humain sur le travail des machines = la mise en oeuvre de capacités d’intuition, de créativité, d’adaptabilité
  • La culture de l’autodidactisme, du bricolage et de la diffusion des savoirs est valorisée par le mouvement des makers (Cf. Do It Yourself)


Paradoxes de l’autonomie :

  • peut être subie et non voulue (vécu comme souffrance au travail) : dispositifs d’accompagnement des individus
  • peut receler des dispositifs d’incitation à certains comportements, tels que des dispositifs d’enrôlement : prolétarisation, destruction des savoirs (théoriques, -faire, -être) (Cf. les idées de Bernard Stiegler)
  • peut conduire à un affaiblissement du collectif


LE SALARIAT EST-IL DÉPASSÉ ?

Récentes évolutions de la structure de l’emploi : un regain du travail indépendant à relativiser

  • Apparition de formes hybrides d’emploi à la frontière du salariat (portage salarial, franchise, intérim, etc.)


Mutations dans l’organisation de la production - de l’externalisation de la production jusqu’au travail du consommateur

  • Le modèle salarial comme mode de gestion efficace et rentable de la production est remis en cause
  • Notion de travail du consommateur, développée par Marie-Anne Dujarrier

L’économie de plateforme : glissement de la création de valeur économique vers de nouveaux acteurs

  • Développement de modèles alternatifs de production (Cf. les communs)
  • Affaiblissement de “l’avantage organisationnel du salariat” (Cf. Uberisation)


Émiettement de la corrélation entre dépendance économique et subordination juridique

  • Les logiques réputationnelles et les algorithmes du temps réel => situations de “sur-subordination”


Doit-on s’attendre à la fin du salariat ou à sa simple mutation ?

  • Projections annonçant la fin du salariat
  • Constats qui contredisent ces projections
  • A l’intersection : nouvelles définitions du système socio-économique (post-salariat, néo-salariat)


Les institutions du travail, telles qu’elles ont été organisées depuis la révolution industrielle, sont-elles soutenables ? (sécurité sociale, droit du travail, juridictions du travail, syndicats, administrations publiques, organismes de gestion des droits, etc.)

  • Dévalorisation du travail salarié
  • Subordination des institutions salariales à des logiques de marché
  • Inadaptation des indicateurs (catégorisations de disciplines et de métiers trop statiques) => politiques inefficaces


Se focaliser sur le devenir du salariat n’est-il pas le moyen de se détourner d’enjeux plus structurels ?

  • Futur du salariat vs. devenir de l’emploi en général
  • Effets de futures régulations sur l’emploi, la croissance, la structuration industrielle (enchaînement globaux)
  • Dissociation croissante (ou la demande de dissociation) entre travail et revenu
  • Protection des droits des travailleurs et leur représentation
  • Accentuation - ou non - de la segmentation du marché du travail

Les communs peuvent-ils porter un modèle alternatif de production ?

Les communs désignent des ressources gérées par une communauté, qui en définit les droits d'usage, organise son propre mode de gouvernance et les défend contre les risques d'enclosure. Il peut s'agir d'une communauté locale gérant une ressource matérielle (ex : un jardin partagé) ou d'une communauté globale gérant une ressource immatérielle (ex : Wikipédia).

Les communs, et plus particulièrement la production entre pairs basée sur les communs, sont souvent décrits comme un modèle alternatif à la gestion par l’Etat ou le marché. Cette notion, qui s’inscrit dans l’histoire longue des « communaux » se retrouve réactivée par le numérique. En effet, ici, l’effondrement des coûts de transaction ne mène plus seulement à une externalisation par le marché et la sortie du salariat, mais aussi à l’apparition d’un mode de production et de gestion de ressources en dehors des régimes classiques de propriété, qui privilégie la valeur d’usage des ressources (l’intérêt pour les individus et les collectivités) plutôt que leur valeur d’échange (leur monétisation en fonction de leur rareté, définie par l’équilibre entre offre et demande). On distingue différentes problématiques qui ont émergé avec ce « retours des communs »

  • Tout d’abord celle de l’articulation avec des régimes de propriété traditionnelle, notamment de la propriété intellectuelle. Les communs consistent en effet en des formes de partage et de distribution inédits des attributs du droit de propriété où peuvent se retrouver différents degrés d’exclusivité des droits (droits d’accès, d’usage, de prélèvement ou d’exploitation). La contradiction entre les modes de diffusion et de réutilisation des oeuvres de l’esprit produits par des pairs dans une logique de communs et le droit d’auteur a ainsi abouti au développement de solutions contractuelles innovantes (mouvement du logiciel libre, licences de type Creative Commons). Cette forme de gratuité coopérative basée sur la contribution et le partage rassemble de nombreuses communautés d’échange et crée une nouvelle forme de richesse, aussi bien économique que sociale ;
  • L’inscription des communs dans le champ économique soulève néanmoins des interrogations quant à la pérennité de certains modèles, qui dépendent d’un financement ou de contributions extérieurs et qui restent vulnérables face à la captation par de grands acteurs. Certaines solutions contractuelles tentent ainsi de favoriser, au-delà de la libre réutilisation, une forme de responsabilité des utilisateurs des ressources communes. Les licences “share-alike” permettent par exemple aux auteurs d’imposer que le partage de leurs créations se fassent dans les mêmes conditions que le partage initial et ainsi d’entraîner une forme de viralité dans la diffusion ouverte d’une oeuvre. D'autres licences visent plus explicitement le risque d’appropriation ou de captation prédatrice par le secteur commercial. Certaines tentent ainsi d’établir un mécanisme de réversion dès lors qu’une organisation capitaliste fait usage d’une ressource en commun (Peer Production Licence et Reciprocity Licence). En outre, certains auteurs se prononcent en faveur d’une protection des communs qui ne serait plus seulement contractuelle, et militent ainsi pour une inscription positive d’un "domaine commun" dans la loi, ou encore pour la création d’une nouvelle forme d’association, avec un régime associé de protection contre les accaparements ou "abus de biens communs" ;

Pour Michel Bauwens, ces mécanismes doivent permettre le développement d’une véritable alternative au système du salariat, et plus largement au capitalisme, par le développement d’une "véritable contre-économie éthique et coopérative", qui n’est pas focalisée sur l’accumulation du capital et l’externalisation des coûts sociaux et environnementaux, mais sur un marché essentiellement basé sur la réciprocité. La multiplication des communs mènerait alors - selon lui - à une accumulation de ressources communes qui permettrait une production indépendante du champ de la rationalité économique, où l’on peut assurer sa subsistance à travers la contribution, sous condition du développement d’une infrastructure appuyée par des mécanismes de rétribution, par exemple des licences d’utilisation, mais aussi des monnaies alternatives - voire des solutions technologiques comme la Blockchain. D’autres auteurs ont d’avantage articulé la question de la rémunération des contributeurs aux communs avec la création d’un revenu de base ou contributif.

LE NUMÉRIQUE RENFORCE-T-IL LA SEGMENTATION DU MARCHE DU TRAVAIL ? EST-CE UN PHÉNOMÈNE DURABLE OU TRANSITOIRE ?

  • Phénomènes de dualisation (entre emplois stables et emplois précaires)
  • Phénomènes de polarisation (entre emplois très qualifiés et emplois peu qualifiés)
  • Il existerait 2 marchés du travail, un pour les qualifiés (chasseurs de têtes, entretiens, négociations salariales), et un pour les non qualifiés,

orientés unilatéralement par la demande de force de travail.

  • “Normalisation” de l’emploi instable
  • Précarisation des parcours de vie
  • Evolution de la structure des métiers et des entreprises alimente une polarisation du marché du travail
  • Augmentation de formes alternatives d’activité => précarisation de l’emploi (plateformes numériques)


A moyen/long terme, assistera-t-on - vraiment - à un renforcement de la segmentation du marché du travail du fait de la révolution numérique ?

  • Vieillissement de la population => départs à la retraite
  • Transition énergétique => création d'emplois
  • Aujourd’hui ceux que l’on considère comme “précaires” - indépendants, acteurs de la gig-economy, slasheurs, intermittents - sont en réalité tout sauf précaires car ils sont capables de gérer en continu leur entrée et leur sortie du marché, à condition que l’on puisse leur offrir un minimum de garanties en matière de sécurité sociale.
  • Nouvelle forme de domesticité précaire (travailleurs dépendants de plateformes)


Le rôle des politiques publiques - Agir sur le dualisme pour réduire la polarisation ? L’inverse ? Décorréler dualisme et polarisation ?

  • Existe-t-il ou non une interdépendance entre dualisme et polarisation du marché du travail ?
  • La notion d’emploi non délocalisable n’est plus un bon marqueur de stabilité
  • Il est nécessaire d’augmenter le niveau de compétences des personnes “moyennement qualifiées” pour éviter un “déclassement” généralisé
  • Outiller les personnes peu qualifiées de nouvelles méthodes de valorisation des compétences et de montée en qualification (pair-à-pair, reconnaissance mutuelle, portfolio numérique, etc.)


UTILISER UNE PLATEFORME, EST-CE DU TRAVAIL QUI DOIT ETRE RECONNU COMME TEL ?

  • Le rôle des externalités dans l’économie : une activité peut être productrice de richesse mais pas nécessairement de revenus
  • Le travail invisible ou non reconnu : la reconnaissance de certaines activités comme étant un travail, voire un emploi, dépend de conventions sociales, de choix culturels et politiques
  • Le rôle du consommateur dans la chaîne de valeur : le consommateur, de plus en plus intégré dans le processus de production, devient une forme de main d’oeuvre (Anne Dujarrier)
  • Les communautés, les effets de réseau et les marchés bifaces : accroître la valeur du service en l’utilisant
  • Le développement des capteurs et des sujets d’observation : modélisation des flux et interrelations humaines, smart cities

Comment qualifier la co-production de valeur par les internautes ?

  • Une nouvelle forme de travail, effectuée par une nouvelle classe de travailleurs : le Digital Labor = travail implicite, à faible intensité mais omniprésent (Trebor Scholtz).
  • Travail (=toutes les activités qui participent de la vie en société) vs. emploi
  • le crowdsourcing repose sur un outsourcing du travail sur le mode spéculatif

La co-production de valeur par l’utilisateur est un transfert de tâches qui se fait en vases communicants avec l’emploi traditionnel : ce qui est produit par des utilisateurs et exploité à l’aide d’algorithmes n’est pas fait par des personnes employées, quand c’était auparavant le cas.

  • Conscience vs. inconscience de contribuer à la création de valeur : une majorité de personnes ne lit ni ne peut comprendre les nuances des conditions générales d’utilisation ou ne détecte pas la présence de publicités dans le référencement des moteurs de recherches (Antonio Casilli,Ursula Huws)
  • Gratuité vs. service payant : si on m’offre un service gratuit, est-ce tout de même de l’exploitation ?
  • Avoir l’intention de contribuer gratuitement vs. être intéressé (Jean Torole. Cf. Measures of Value). Rétributions financières et rétributions symboliques (réputation). Motivations intrinsèques et extrinsèques.
  • Avoir l’intention de contribuer gratuitement vs. y être contraint (Cf. Shadow Work / Craig Lambert)
  • Répartition équitable vs. répartition inégale de la valeur créée. « C’est précisément la transformation l’agrégation, le calcul, la comparaison, le filtre, le classement, la recommandation, etc. qui donnent un sens et une valeur aux productions individuelles des internautes. Sans elles, nos productions numériques ne seraient plus du travail extorqué mais elles seraient sans valeur, ni monétaire ni symbolique. Le service rendu par la plateforme consiste justement à automatiser la révélation d’une intelligence collective. Il est négligé par les travaux du Digital Labor alors que c’est lui qui rend valorisable le travail gratuit des internautes » (Dominique Cardon).

L’Etat doit-il agir ? Avec de nouveaux instruments ?

  • Rémunérer chacune de nos contributions sous forme de redevance ou de micro-paiements ? (Cf. Jaron Lanier Who_Owns_the_Future)
  • Acter l’existence d’un marché des données : afin de mieux encadrer son fonctionnement par des outils de régulation économique et de reconnaître aux individus la possibilité de gérer leurs données en tant qu’élément patrimonial ? (hypothèse contesté)
  • Donner aux individus les moyens, juridiques et techniques, de maîtriser les données qui les concernent (qui peut les utiliser, pour quelles finalités), et d’en retirer les mêmes utilités que celles qui sont consenties à des tiers (Cf. Fondation Internet Nouvelle Génération)
  • Construire de nouvelles alliances avec les citoyens pour la construction des politiques publiques et des services publics, en faisant des données et de la contribution de chacun un axe de gouvernance plus participative et plus efficace (Colin et Verdier)


TOUTE ENTREPRISE INSTALLÉE A-T-ELLE VOCATION A ETRE UBERISÉE ?

  • Essor des plateformes d’échange de biens et services pair à pair = Sharing Economy : Leboncoin.fr, Airbnb ou BlaBlaCar, qui inluencent les acteurs plus traditionnels comme Wal-Mart, Citroën, Castorama ou des collectivités
  • Popularité de l'expression uberisation (concurrence inégale entre ces VTC et les taxis traditionnels ?)
  • Utilisation pour désigner un phénomène plus large : nouvelle économie capable d'exploiter les technologies numériques, terme qui alerte sur les risques de déstabilisation des acteurs économiques en place (contrairement à l’économie collaborative, la consommation collaborative ou l’économie du partage)


L’expression “uberisation” est-elle adaptée pour décrire la situation actuelle ?

Complexité du sujet : mutations technologiques, transformation des chaînes de valeur, mutations des usages, défis pour les modèles de protection sociale mais aussi opportunité de renouvellement des modèles productifs


Que désigne-t-on par le terme “uberisation” ?

  • Evolution à marche forcée de marchés régulés
  • Vague d’intermédiation qui bouleverse l’organisation des chaînes de valeur et les rapports de force = disruption : plateformisation de l’économie, dépendance économique d’acteurs contraints de s’affilier à la plateforme leader de leur secteur pour rester visibles
  • Développement plus structuré de l’économie de la débrouille, porté par le Web et surtout par la crise : optimiser les dépenses en privilégiant la location ou l’usage partagé d’objets
  • Participation à part entière des particuliers à l’activité économique : équité ou iniquité de situation ? Ampleur limitée par les règles de la consommation et du commerce / des seuils fiscaux portant sur les revenus
  • Particuliers et plateformes vs. grandes entreprises : fin de l’entreprise dans sa forme actuelle ? reconfiguration des industries ? (automatisation + imprimantes 3D)
  • Plateformes vs. TPE et artisans : démocratisation de services et d’outils de gestion ?
  • Particuliers amateurs ou entrepreneurs individuels vs. TPE et artisans : est-il néfaste de brider des compléments de revenus possibles ou pas ?
  • Des opportunités professionnelles accrues pour chacun vs. l’avènement de la course au moins-disant : dilution des responsabilités juridiques et sociales des employeurs, contournement du régime salarié, quid de la couverture sociale ?


Des réponses adaptées à l’uberisation

  • Régulation des rapports de force entre entreprise et prestataires individuels ?
  • Adaptation du droit du travail ?
  • Adaptation du périmètre du dialogue social ?
  • Soutien des Etats envers les plateformes dont les modèles sont plus vertueux socialement
  • Adaptation du système social et des dispositifs d’accompagnement
  • Modifier l'échelle d'analyse : fiscalité, régulation de la concurrence, standards sociaux minimaux…


FAUT-IL DÉCORRÉLER REVENUS ET TRAVAIL ?

  • Limites du modèle de protection sociale français fondé sur l’emploi. l’indemnité chômage n’a pas été conçue pour des parcours professionnels fortement discontinus
  • Limites du marché du travail pour organiser la rémunération des activités : valeur d’équilibre dans le salaire, non prise en compte des activités créatrices de valeur et d’externalités positives
  • Automatisation : mettre en place de nouveaux modèles de répartition de la valeur
  • Digital Labor = reconnaissance des activités générées par les utilisateurs de plateformes
  • Capitalisme cognitif = la valeur productive du travail intellectuel et immatériel devient dominante. Ce nouveau caractère central des connaissances et de l’intelligence collective pose la question de la rétribution de cette production de connaissance, qui est par nature collective et commune et qui fait l’objet d’appropriation exclusive par des acteurs économiques.


Revenu de base, revenu universel, salaire à vie ?

Revenu distribué de manière inconditionnelle à l’ensemble des citoyens (Cf. Basic Income)

Pourquoi défendre le revenu de base ?

Objectifs (critiqués) :

  • Éradiquer la très grande pauvreté et simplifier notre système de protection sociale
  • Fluidifier le marché du travail et limiter les effets de seuil
  • Redonner au travailleur des marges de choix vis-à-vis de son emploi
  • Amorcer une société de l’après-emploi et de l’après-marchand


Comment financer le revenu de base ?

  • L’approche par l’auto-financement : réallocation du budget des minimas sociaux + augmentation de la CSG + lutte plus efficace contre la fraude et l’évasion

fiscales + taxe sur les transactions financières

  • La fusion de l’aide sociale, du système d’indemnisation du chômage et du système de retraite
  • La réinvention du système monétaire
  • Une redistribution de la rente pétrolière
  • Un revenu de base assis sur le chiffre d’affaires des entreprises afin de rémunérer le travail gratuit

QUEL DIALOGUE SOCIAL A L’HEURE DU NUMÉRIQUE ?

  • De récentes réformes du fonctionnement du dialogue social
  • Un débat public en cours sur la nécessité d’une refonte du droit du travail


Quelle articulation des échelles pertinentes de négociation ?

  • Légitimité d’un assouplissement de la hiérarchie des négociations ?
  • Pertinence de l’échelon de l’entreprise comme centre de gravité des négociations ?
  • Amener plus de dialogue social au niveau de l’entreprise ne va pas de soi
  • Négociation individuelle ou collective ?


Faut-il améliorer les représentations ?

  • Transformation des parcours professionnels
  • Cas des travailleurs indépendants de type freelance
  • Régime de protection juridique et sociale applicable aux indépendants en situation de dépendance économique
  • Cadre(s) de négociation applicables aux indépendants


De quoi faut-il discuter ?

  • Rôle attribué aux outils de notation et d’évaluation
  • Assouplir les possibilités pour les prestataires (liens de fidélité avec la clientèle, concurrence, commissions,...)
  • Portabilité ou non du capital immatériel co-construit avec la plateforme


Conditions de travail à l’heure numérique

  • Équilibres entre vie professionnelle et vie privée
  • Évaluation de la valeur et de la charge de travail

FAUT-IL DÉ-CORRÉLER PROTECTION (DROITS) ET “TRAVAIL” (STATUTS D'EMPLOI) ?

  • Les limites d’un droit du travail attaché à l’emploi (salarié)
  • L’entreprise de l’ère numérique : le statut de l’autoentrepreneur est de plus en plus mobilisé
  • Le temps libéré : le non-emploi serait porteur de libertés renforcées, à condition de disposer de garanties pour les exercer en sécurité et effectuer des transitions d’une activité rémunérée par les modèles classiques à une activité “contributive”.


Sur les objectifs : gestion des risques individuels vs. exercice de droits garantis collectivement

  • “sécurisation” des parcours et dispositifs individualisés ?
  • “état professionnel des personnes” qui devrait être reconnu tout au long de leur vie (Alain Supiot)

Sur la méthode : statuts vs. droits (et garanties attachées à ces droits)

Configurations de refondation de la protection sociale des travailleurs

STATUTS

  • Contrat de travail unique
  • Extension et fluidification du statut d’auto-entrepreneur
  • Statuts intermédiaires
  • Statut de travailleur indépendant économiquement dépendant
  • statut d’acteur collaboratif : certains contributeurs ont évoqué la nécessité de définir un statut plus clair des acteurs qui utilisent des plateformes d’économie collaborative, et de mieux établir la distinction entre les activités dont la rémunération correspond à une contribution aux frais (valeur d’usage) de celles dont la rémunération relève d’un revenu (bénéfice). Cette distinction clarifierait les activités professionnelles des activités non professionnelles. Il s’agirait par ailleurs de définir les obligations qui s’imposent aux plateformes en matière d’information et de gestion des risques
  • Droit et statut de l’actif


DROITS

  • Universalisation des droits sociaux
  • Garantie collective de droits individuels
  • Reconnaissance d’un “état professionnel des personnes” tout au long de leur vie
Cette vision peut aussi être mise en parallèle avec la proposition d’instituer un revenu contributif. Plusieurs acteurs défendent à ce titre une généralisation du système mis en place pour les intermittent du spectacle afin d’assurer à tous les travailleurs une meilleure gestion de leurs temps professionnels (phases de développement de capacités et phases de mise en production de ces capacités). La perception de ce “revenu contributif” serait conditionnée à l’exercice d’activités présentant un intérêt pour la collectivité (Cf. Ars Industrialis / Préface de Bernard Stiegler)


RECOMMANDATIONS

Voir Travail Emploi Numérique - Les nouvelles trajectoires (3)